Hunter’s of Brora

Tout au nord de l’Ecosse, dans l’est du Sutherland, le petit village de Brora cache des trésors que se partagent les initiés. Ses carrières de pierre ont fournit les matériaux du London Bridge. Sa crème glacée était en 1929 la plus réputée d’Ecosse. Sa distillerie de Clynelish produit son uisge beatha pure malt depuis 1819, mais reste peu connue du grand public puisqu’outre sa production propre (un whisky léger mais pourtant discrètement tourbé), elle travaille essentiellement pour Johnnie Walker. Ses anciens bâtiments du 19e siècle ont même servi pendant une dizaine d’année à produire une eau de vie tourbée, pour compenser la faible production d’Islay qui souffrait de sécheresse. Car pour faire du whisky, il faut de l’eau. Pour faire du tissu aussi, et la rivière Brora avait été mise à profit pour tisser du tweed. L’industrie lainière a profondément marqué l’histoire de la ville, puisque grâce à elle Brora fut la première localité du Nord de l’Ecosse à avoir l’électricité !

Logo de Hunters of Brora

Le tweed le plus célèbre de cette petite bourgade de bord de mer est sans conteste Hunter’s of Brora. Thomas Hunter a créé son entreprise en 1901 dans la petite ville de Wick, à l’extrême nord de l’Ecosse, avant de déménager à Brora une dizaine d’années plus tard. Il y développa la marque « Hunters of Brora » jusqu’à atteindre sa renommée actuelle : une légende parmi les amateurs de tweed, pour la solidité de ses étoffes, la richesse de couleurs mélangées au coeur même des fils, mais aussi la grande compétence de ses tisserands.

Malheureusement, comme beaucoup d’autres entreprises du textile, Hunters of Brora finit par ne plus pouvoir résister aux difficultés économiques, et dû cesser ses activités en 2003, date à laquelle elle dû fermer son usine.

Heureusement pour nous, l’histoire ne s’arrête pas là. Tamara Inness, la fille du repreneur de l’usine, a investi sa passion et son amour du tweed pour relancer l’activité, à une échelle plus modeste mais sans concession pour la qualité et dans le  respect de l’héritage de cette noble maison. Son objectif est ambitieux : produire du tweed en Ecosse ne lui suffit pas, il faut que la qualité soit à la hauteur de sa réputation. Qualité facile à comparer, puisqu’elle possède les stocks restant d’avant la fermeture, ainsi que toute la documentation technique permettant de faire produire à nouveau les motifs originels, ainsi que de concevoir de nouveaux motifs à partir de la tradition de la maison.

C’est pour moi une très grande joie de pouvoir depuis cette automne proposer ces tweeds incomparables parmi ma sélection de tissus, dans deux gammes de poids mais toujours des couleurs incroyables.