Laxey woollen mills

Le tweed est sans conteste l’étoffes des cultures gaéliques. Une étymologie, contestée car fort obscure, fait de l’Ecosse sa patrie de baptême : son nom viendrait, suite à une erreur, de la rivière Tweed dans les Scottish Borders.  Et c’est d’Ecosse que proviennent nombre de tweeds réputés tels que Johnstons of Elgin, Hunters of Brora, ou encore le fameux Harris tweed, de l’île de Harris & Lewis. L’Irlande a donné naissance à un tweed non moins célèbre, le Donegal, qui prend son nom du comté de Donegal dans l’Ulster. Le plus petit des territoires gaels est une petite ile à mi-chemin entre l’Ecosse et l’Irlande : Ellan Vannin, appelée en Français Ile de Man.


Ile de Man

Territoire celte depuis la plus haute antiquité, pays presque indépendant puisque placé sous la souveraineté de la couronne britannique, agissant en tant que Seigneur de Man, mais ne faisant partie ni du Royaume Uni, ni de l’Union Européenne, l’Ile de Man est aussi dotée du plus ancien parlement en activité ininterrompue dans le monde : le Tynwald. Et c’est sur cette terre au milieu de la mer d’Irlande que l’on trouve les Laxey Woollen Mills, les tisserands qui produisent depuis plus de 130 ans le tartan officiel de l’Ile de Man.

Cet atelier de tissage a été fondé en 1881 par John Ruskin, un ancien tisserand de soie du Lancashire. La laine utilisée s’appelle Loaghtan, une race de mouton indigène à l’ile. L’une des plus anciennes races de moutons des iles britanniques, apparentée à la race Jersey aujourd’hui éteinte, sa caractéristique la plus notable est sûrement la présence de quatre, et parfois même six cornes sur la tête de l’animal. 


Un Loagthan à 4 cornes

Tartans et tweeds sont aujourd’hui encore tissés sur les métiers d’origine, ou sur des métiers à main datant des années 1950.

L’entreprise familiale a été rachetée dans les années 1950 par Robert Wood, un tisserand et designer textile expérimenté qui, avec sa femme Sally, a relancé l’activité au cours des années 1960, notamment en faisant de son atelier une étape des nombreux voyages organisés en bus de l’époque. C’est son fils John Wood qui est actuellement à la tête de l’entreprise. Formé en apprentissage par son père dès l’âge de 16 ans, il n’a cessé d’être tisserand depuis. 

Seul tisserand commercial de l’Ile de Man, John Wood continue de jouer avec les couleurs et les motifs pour tisser des éditions limitées de tweeds et tartans, mais aussi des écharpes, plaids et autres accessoires.

Son travail étant presque toujours des pièces uniques, il ne propose pas de liasses de tissus maintenus en stock. Heureusement aujourd’hui avec Internet il est possible de consulter en ligne les étoffes disponibles pour demander des échantillons avant de faire son choix.